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    Passerelle Fournier : la réunion du 12 novembre 2008

    Difficiles préliminaires

    En 2005, un groupe de travail du Conseil de la Vie Locale de Tours-Est avait travaillé dans de bonnes conditions sur la Passerelle Fournier. Le constat de vétusté avait été fait et avait débouché sur un entretien a minima en attendant d'apporter une nouvelle solution. Le groupe de travail devait alors être reformé. Le projet a été relancé début 2008 sans que le CVL en soit informé. Après deux réunions où j'ai demandé sans succès la reconstitution du groupe, j'ai écrit au M. Germain, maire de Tours. Il en est résulté la constitution d'un groupe de travail pour une seule réunion destinée à définir les besoins des habitants.

    Pourquoi une seule réunion ? Pourquoi le CVL ne suivrait-il pas ce projet du début à la fin ?

    L'essentiel était tout de même là : les habitants allaient se réunir avant que l'étude ne commence pour définir les besoins.

    Ca n'a pas été aussi simple : à croire que les habitants ne sont pas assez adultes pour s'exprimer par eux-mêmes et doivent être chaperonnés pour que leurs besoins soient correctement filtrés.

    L'introduction à la réunion est caractéristique. Comme je connais bien le sujet, j'ai demandé à co-animer la réunion et j'ai proposé un plan de travail. Dans les groupes de CVL, il est habituel que des habitants animent ou co-animent, c'est même recommandé. A ma grande surprise, cela me fut refusé. Les explications qui m'ont été données allaient vers une réunion qui consisterait à juxtaposer les besoins des participants. Ma volonté de faire émerger collectivement les besoins apparaissait malvenue.

    Les besoins de la municipalité ou des habitants ?

    Au lieu d'une dizaine de participants, il n'y en avait que six : M. Cavalier, de la mairie, coordinateur des CVL, qui resta dans un rôle neutre, M. Cortot conseiller municipal qui suit le dossier de la Passerelle Fournier et quatre habitants. Cela fait peu d'habitants, sans doute parce que la réunion n'a été annoncée qu'à la fin de la réunion pleinière précédente. Mais comme ces quatre habitants ne se connaissaient pratiquement pas, ils constituaient un échantillon ayant une certaine représentativité.

    Officiellement, "L'objectif de cette réunion est de répertorier les attentes des habitants concernant cette infrastructure afin de les faire parvenir aux services concernés". Il aurait donc été logique que les quatre habitants se concertent, en consultant parfois l'avis de M. Cortot qui connaît bien le dossier, pour dégager les besoins.

    En fait, cela s'est passé bien autrement. M. Cortot parlait, parlait, parlait et de temps en temps laissait la parole. Pour la reprendre quand les propos ne lui plaisaient pas. En présentant des contraintes, qu'elles soient techniques, budgétaires, judiciaires ou autres.

    Qu'il y ait des contraintes, on le sait, mais il s'agissait d'exprimer les attentes des habitants, qu'elles soient réalisables ou pas. Chacun sait que ce qui dans un premier temps peut paraître non réalisable peut le devenir, d'abord parce qu'il y a une volonté d'y parvenir. Là, il s'agissait d'abord de briser une telle volonté.

    Je n'ai donc eu le choix qu'entre deux attitudes : laisser parler M. Cortot ou m'y opposer de front. J'ai opté pour la seconde solution quand je me suis rendu compte que je n'arrivais pas à infléchir son comportement. Et il y eut alors une sorte de bataille de tranchées où chacun tirait la couverture à soi. Cela était bien sûr désagréable pour les trois autres habitants. Et, moins habile dans ma façon de m'exprimer que le conseiller municipal, cela me marginalisait, effet bien sûr voulu. Comment voulez-vous dans ces conditions développer de nouveaux besoins qui demandent de prendre de recul (ou de l'avancée..) ?

    Si la tenue de cette réunion fut assez surréaliste, son résultat est tout de même intéressant. Parce que tous les participants voulaient vraiment avancer et rédiger un document commun. Et il y avait beaucoup de points d'accord. Je présenterai en fin de cette page les conclusions du compte-rendu quand il sera définitivement rédigé. Auparavant, je présente les deux points qui, visiblement, dérangent.

    Un passage pour piétons vraiment protégé

    Un point très positif de la réunion a été la définition d'un axe pédestre prioritaire entre la Place Velpeau et la Palais des Sports, par la rue Trousseau, la rue du Dr.Fournier, la passerelle Fournier, la rue Jacques-Marie Rougé.



    Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout de cette idée ?
    Cet axe ne comporte qu'une seul arrêt avec feu tricolore, celui de la rue Edouard Vaillant, rue très passante. La passerelle est juste à côté, il suffirait de l'allonger un peu pour franchir cette voie. Un dégagement est possible sur une petite place qui pourrait être réaménagée en conséquence.

    Quels arguments ont été opposés à cet aménagement ?
  • C'est trop cher. Oui ça sera plus cher, mais pourquoi "trop" cher ? Il s'agit d'un aménagement qui sera en place très longtemps et éviter ce franchissement dangereux sera apprécié. Il y a notamment des collégiens qui passent ici quatre fois par jours.
  • Ca ne sera pas beau. C'est un a-priori...
  • Ca dérangera les voisins. C'est possible, ça n'est pas sûr, la place est assez large pour ne pas mettre un escalier devant leur fenêtre et il est possible de mettre des paravents.
  • Il faudra tout de même traverser la rue du docteur Fournier. Ca serait le cas si on arrivait au milieu de la place actuelle. Mais il serait plus fonctionnel de la déplacer du côté nord, de mettre une double-voie de véhicules sur le côté sud. On arriverait alors directement sur le côté nord de la rue, du côté de la place Velpeau, il ne reste à traverser que quelques petites rues.
  • Ce franchissement n'est pas accidentogène. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu d'accident qu'il ne l'est pas. Il suffit de regarder le nombre de piétons qui traversent au feu rouge (qui est très long). C'est fréquent.

    Une remarque : le franchissement de la rue peut se faire à 3,90 m (hauteur du pont de la Rotonde qu suit), ce qui peut être plus bas que le franchissement des voies ferrées et permet une pente douce entre les deux franchissements.

    La traversée de cette rue passante est une idée véritablement neuve qui demande à mûrir pour être comprise. Les avis des habitants étaient d'ailleurs mitigés. Mais veut-on favoriser les déplacements pédestres dans notre ville ? Si on le veut vraiment, il convient de mettre les moyens pour que cette circulation se fasse tranquillement sans arrêts pour franchir des voies routières fréquentées. Ce n'est souvent pas possible. Ici ça l'est, alors faisons le !

    Un véritable passage pour cyclistes

    Un autre point très positif de la réunion a été la définition d'un axe cycliste prioritaire entre St Pierre des Corps et la Riche, empruntant la rue Pierre Sémard, le pont du milieu la rue du Dr Fournier, la passerelle Fournier, la rue Jacques-Marie Rougé, le Palais des Sports, la rue Galpin Thiou, la rue du Boisdenier, la place Rabelais, la rue du Plat d'Etain.



    Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout de cette idée ?

    Là aussi, il s'agit de fluidifier l'usage de la passerelle. Croyez-vous que les cyclistes aimeront prendre un ascenseur ? Ou, comme maintenant, qu'ils voudront mettre leur vélo sur l'épaule pour monter les marches de l'escalier ?
    Là aussi la question se pose : Veut-on favoriser les déplacements cyclistes dans notre ville ? S'il y a vraiment cette volonté, alors il convient de mettre en place des rampes d'accès pour les cyclistes.

    Il est certain que le positionnement de ces rampes n'est pas évident, d'autant plus que la passerelle sera bien plus haute que l'actuelle. Il appartient aux architectes de trouver des solutions, à base de courbes et de biais. Et s'il ne trouvent pas de solution, on en discutera et on prendra acte. Mais il n'y a pas lieu de refuser ce besoin d'emblée, il convient au contraire d'avoir la volonté d'intégrer ce passage pour cyclistes.

    Quelques points sur ce sujet :
  • L'obligation avancée par M. Cortot d'avoir une pente inférieure à 5% est-elle réelle ? J'ai trouvé un document sur Internet qui parle de pente supérieure à 6% (pour une passerelle cycliste). De plus le pont du milieu qui est aussi dans l'axe St Pierre / La Riche a une pente probablement supérieure à 6 ou 7 %, ne pourrait-on pas en faire autant ?
  • Si la passerelle passe au dessus de la rue Edouard Vaillant, cela n'oblige pas à commencer la rampe après ce franchissement (ça serait tout de même à étudier car il y a 17 mètres de largeur assez loin dans la rue du Dr Fournier). Il pourrait y avoir un décrochage de la voie cycliste après le franchissement des voies ferrovières puis une série de courbes ou de biais pour arriver à un feu tricolore à la traversée de la rue Edouard Vaillant.
  • Est-ce que la mise en place de telles rampes permet d'éviter la mise en place d'ascenseurs ? Je ne sais pas... Il faudrait peut-être interroger une associations d'handicapés, se demander si les personnes avec poussettes et les caddies prendraient facilement cette pente ?

    Donc, plus que pour le franchissement piéton, il y a des interrogations techniques, mais le besoin des habitants est bien là (avec plus d'unanimité que le point précédent) : il faut au maximum faciliter l'usage de la passerelle aux cyclistes.

    Rappel : vous pouvez visualiser ici un plan (rapproché) Google de la passerelle Fournier.

    Tout de même, une conclusion

    Les propos qui précèdent ont été rédigés le 13 novembre, lendemain de la réunion. Ceux qui suivent sont rédigés le 4 décembre, finalisés le 8.

    Le compte-rendu de cette réunion est arrivé très tardivement, le soir du 3 décembre, 6 jours avant la réunion pléniaire du CVL-Est le 10. Le document est finalisé le 8 après quelques modifications et accord des participants. En voici la conclusion (en intégralité).

    Relevé de décisions :
    Suite aux discussions entre les membres présents lors de cette réunion, une synthèse a été trouvée :
    • Un axe pédestre important à envisager pour la future passerelle : Palais des Sports (rue J.-M. Rougé, chaufferie du Sanitas) / Velpeau (rue du Dr Fournier)
    • Un axe cycliste à construire entre St Pierre des Corps et La Riche (en passant par le pont du milieu et la place Rabelais) avec une nouvelle passerelle, ses pentes douces aux deux extrémités et éventuellement plusieurs sorties en fonction du mode déplacement ainsi qu'une bande marquée au sol pour séparer les piétons et cyclistes
    • Il faudrait pouvoir chiffrer le franchissement de la rue Edouard Vaillant, la longueur des rampes d'accès préconisées ainsi que le coût de la nouvelle hauteur imposée
    • Un accès par rampe est à privilégier par rapport à l'installation d'ascenseurs aux extrémités si possible, pour éviter les risques de dégradation d'un matériel couteux
    • Penser à l'aspect esthétique et à l'éclairage de la future passerelle car elle sera également un lieu de promenade

    Finalement au delà des difficultés de cette réunion, nous sommes arrivés à un certain consensus. Nous avons posé de bonnes bases. Il est à espérer que la suite de la concertation sera plus sereine...

    Pour finir une anecdote. J'ai parlé en famille du caractère dangereux du franchissement de la rue Edouard Vaillant : mon fils m'a dit s'y être fait accroché par une voiture quand il était collégien, mais il avait préféré ne rien dire... Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu d'accident déclaré que ce passage n'est pas dangereux...

    Alain Beyrand
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