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    Le 3 octobre 2005, Conseil de la Vie Locale de Tours Est
    La passerelle Fournier va-t-elle fermer pour cause de non-conformité ?


    Photos de 2002, le dimanche 22 septembre en début d'après-midi
    La passerelle Fournier, du nom du maire de Tours qui l'a mise en place il y a plus d'un siècle, est un passage piéton essentiel pour joindre les quartiers Velpeau et Sanitas au dessus des voix ferrées situées juste avant la gare de Tours. Elle évite un très grand détour par exemple pour les collégiens du quartier Velpeau qui vont au collège Michelet ou pour les habitants du Sanitas qui vont au marché Velpeau. Au dessus des voies de chemin de fer on a une belle vue sur la ville et le fait de ne plus être oppressé par la circulation automobile est agréable. Il n'est pas rare, aussi, que grands-parents et petits-enfants s'arrêtent longuement pour regarder passer les trains...
    Cette passerelle est aussi un symbole historique, d'abord par la forte volonté des habitants qui l'a fait naître, ensuite par la douleur des bombardements qui l'ont mise à mal (cf. ci-contre). Nous en sommes héritiers.

    Sa structure métallique est d'un entretien coûteux. Le fait de n'y accéder que par des escaliers pose problème aux cyclistes, aux personnes avec poussette et aux handicapés, même si nombreux préfèrent gravir les marches avec le vélo sur l'épaule ou avec la poussette à bout de bras, plutôt que de faire un grand détour. Donc depuis 50 ans, la question revient périodiquement de remplacer cette passerelle par un autre ouvrage, voire un tunnel.

    Le Conseil de la Vie Locale de Tours-Est s'est donc logiquement penché sur le sujet et un groupe de travail a été constitué sur le sujet. Je m'y étais inscrit sur le tard et j'ai regretté de ne pas être présent à sa dernière réunion. Peu importe, car j'ai l'impression que ce groupe a bien travaillé et son rapport avait été accepté lors de l'avant-dernier CVL. Il disait principalement qu'en attendant un avenir assez lointain ou un ouvrage de remplacement pourrait être discuté, il convenait à court terme d'assurer les travaux d'entretien indispensables (notamment au niveau de la structure fragilisée), et de façon progressive sur les années à venir (ce qui permettait de diminuer le coût en se plaquant sur les diponibilités de la SNCF). A moyen terme, un accès pour vélos, poussettes et handicapés était à étudier.

    Très bien, je pensais le sujet engagé sur de bonnes voies. Le débat sur ce sujet au CVL du 3 octobre a commencé sur les mêmes bases, en disant qu'un budget de 70.000 euros serait demandé pour le prochain budget municipal. Ca se calait dans une ensemble de dépenses globalement évalué à 400.000 euros sur 5 ans ou 6 ans, ça collait donc au rapport approuvé par le CVL.

    Je pensais que le sujet était clos et j'ai été surpris de voir que le premier adjoint, qui dirigeait la réunion, s'étendait en circonvolutions sur le sujet, sans que je comprenne où il voulait en venir. Puis j'ai été surpris d'entendre l'ingénieur qui suit l'opération dire que de nouvelles normes de conformité se mettaient en place à la SNCF et qu'il n'était pas sûr que la structure de la passerelle permette de supporter le poids imposé par ces nouvelles normes. Le premier adjoint a ensuite repris la parole pour nous ramener dans ses méandres quand un adjoint au maire (qui faisait partie du groupe de travail) lui a coupé la parole pour dire qu'il allait parler de façon brève et claire.

    Il a d'abord dit que la ville n'avait pas les moyens avant longtemps de financer un autre ouvrage. Il a ensuite signalé que la SNCF pouvait décider un jour de supprimer l'accès à la passerelle parce qu'elle n'était pas conforme. Et puis il est parti parce qu'il avait un autre rendez-vous municipal.

    Le premier adjoint a alors repris la parole et, comme si rien n'avait changé, est reparti dans ses méandres. Et personne dans l'assistance n'a réagi.

    Alors là, comme on dit, "j'ai crû halluciner"... Comment ? On nous dit que la ville va dépenser 400.000 euros pour remettre sur pied la passerelle et dans 6 ans la SNCF pourra décider de la fermer ? (n'est-ce pas, mon bon Monsieur, ce sont les nouvelles normes...) Et pendant 12 ans, le temps de se décider, de trouver le financement, d'effectuer la construction, on n'aura plus aucun lien piétonnier entre les deux quartiers ?

    J'ai donc "mis les pieds dans le plat" et je suis vigoureusement intervenu pour exprimer mes inquiétudes sur le sujet. De plus, non seulement j'ai dérangé les convenances, mais j'ai osé exprimer une opinion tout à fait déplacée qui consistait à demander à ce que le collège des habitants exprime sa vive inquiétude et demande que la municipalité et la SNCF engagent un véritable dialogue qui permette d'assurer la continuité du service pietonnier entre les deux quartiers.

    Il paraît que j'ai crié un peu trop fort et que ça dérangeait. Le problème était tout de même qu'à chaque fois qu'il reprenait la parole, le premier adjoint, d'une voix certes bien posée, repartait à évacuer le problème..

    J'écris ces lignes le lendemain de cette réunion et je reste fort étonné de ce qui s'est passé. J'ai sûrement été maladroit et il est possible que les autres intervenants l'aient été aussi, comme si on réagissait à chaud à une information déstabilisante, mais pas perçue comme telle par tous. Il me semble effectivement que ce problème de conformité est apparu très récemment. J'ai l'impression que certains au niveau du conseil municipal n'en ont pas vraiment pesé les conséquences potentielles et ont eu, dans un premier réflexe, tendance à évacuer cette menace en pensant que ça s'arrangera tout seul avec le temps et que la SNCF, même si son rôle de service public est en régression constante, finira par être arrangeante. Cela peut expliquer la sensation que j'ai ressentie de "tourner autour du pot" et de ne pas dire clairement les choses. Avec un peu de recul, j'espère qu'une autre attitude prendra corps.

    En tant qu'habitant, il me semble qu'il est du devoir des services publics - municipalité et SNCF - d'assurer la continuité d'une telle prestation de lien entre deux quartiers et j'entends continuer à âgir en ce sens, si besoin en est. J'espère qu'il est possible que la SNCF puisse avoir rapidement des engagements rassurants...

    Je rappelle aussi que la municipalité a su installer une passerelle très onéreuse sur le Cher entre deux quartiers et qu'elle est tout de même moins utilisée (et davantage pour des raisons sportives et de promenade que pour des besoins de la vie quotidienne). Avant de dépenser 400.000 euros, il faut aussi réfléchir à la pérennité de l'investissement et bien choisir les meilleures priorités pour le plus grand nombre d'habitants... Et se dire qu'une passerelle entre dans le plan de circulation en ville aussi bien qu'un tramway.

    Alain Beyrand
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