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    Le 2 mars 2013
    La destruction du patrimoine arboré de l'hôpital Bretonneau

    Il y a trois ans, le 4 mars 2009, je dénonçais (ici) l'inutile abattage de la double rangée de marronniers de l'hôpital Bretonneau. En janvier 2012, je revenais sur ces abattages en page 39 de mon livre "Tours et ses arbres qu'on ne laisse pas grandir" :

    Situé au centre-ouest, l'hôpital Bretonneau, avec Le Botanique, son jardin potager et d’agrément, formaient au XIXème siècle un grand cadre végétal arboré dans la ville. D'une large superficie sur son versant hospitalier, ce lieu à fait l’objet d'importants aménagements ces dernières années. La grande allée patrimoniale des marronniers centenaires a été abattue pour devenir un parking automobile. La place des tilleuls de la maternité a disparu, ensevelie par l’immense nouveau bâtiment ultramoderne. Presqu’une centaine d’arbres patrimoniaux est tombée. L’If de la chapelle a été sauvé de justesse.

    Les malades opérés se trouvant dans une chambre dont la fenêtre donne sur un arbre, se rétablissent plus vite et souffrent moins que les malades dont la vue est différente. S'il était tenu compte de ce résultat d'étude fort compréhensible et même prévisible, la rénovation d'un hôpital devrait reposer sur une conservation et une mise en valeur du patrimoine arboré.

    A Tours, le président du conseil d'administration du Centre Hospitalier Universitaire est le maire de la ville et ce n'est pas un hasard si on rénove un hôpital comme une place, en abattant les arbres, ici une centaine !



    L'abattage des marronniers en 2009

    Quatre ans plus tard, la même logique aveugle provoque l'abattage d'une rangée d'une quinzaine de tilleuls pour la plupart centenaires. Les voitures pourront plus facilement se garer...





    Cette fois-ci, sur place, un "expert" était présent pour assurer combien on aime les arbres mais ceux-ci étaient vraiment dangereux et c'est une oeuvre de salubrité publique que de les abattre. D'ailleurs voyez, celui-ci et celui-là, ils étaient creux, heureusement qu'on les supprime. Et puis ça sera tellement mieux quand de nouveaux arbres auront été plantés.

    On retrouve là tout l'enfumage que nous distillent les journaux municipaux et les journalistes benêts de la Nouvelle République du Centre-Ouest qui gobent la propagande du soi-disant expert et la restituent telle quelle à leurs lecteurs, avec une photo en gros plan de l'arbre creux.

    La réalité est bien différente. Certes, deux tilleuls étaient creux et apparaissaient dangereux, mais les autres étaient sains, même si certains méritaient un élagage ciblé. On a pris prétexte de ces deux arbres creux pour supprimer tous les autres, c'est scandaleux ! C'est toujours cette "méthode Germain" à l'oeuvre depuis 1995 qui consiste à tout raser quand on veut rénover un lieu. En disant bien haut, la main sur le coeur, "C'est pas grave, on replantera !".

    Un arbre malade peut vivre plusieurs centaines d'années, sans être dangereux et il est précieux pour la faune, oiseaux, chauve-souris... A Tours, trop souvent, on ne sait pas entretenir une rangée d'arbres, abattre parcimonieusement ceux qui sont devenus dangereux et les remplacer par la même essence, élaguer pour éviter d'en arriver là. On préfère laisser la situation se dégrader et prétexter la présence de quelques sujets devenus dangereux pour éliminer toute la rangée. C'est ainsi qu'on bafoue la Charte de l'Environnement en trompant les citoyens par les propos véreux de pseudo-experts imbus de leur aveuglement.


    A gauche le vieux Bretonneau, sans le cachet de ses tilleuls abattus.
    A droite, ce qu'est devenue l'ancienne allée des marronniers.
    Tout est aseptisé, bétonné, la nature a été transformée en mobilier vert décoratif.

    P.-S. du 3 mars 2013 : l'article de la NR du 3 mars (ici) est court mais dans le ton de ce qu'avais prévu, avec un gros plan sur un arbre creux, l'affirmation que tous les arbres sont malades et la conclusion rassurante des replantations. L'expert véreux et le journaliste benêt ont, une fois de plus, distillé leur lamentable intox.

    P.-S. du 4 mars 2013 : la NR de ce lundi matin publie un article plus long que celui de dimanche et reprenant les mêmes arguments. Cette fois, on a le nom du journaliste. C. G., Christophe Gendry. Ce n'est pas là un "journaliste benêt", débarquant sur le sujet et gobant ce que raconte l'expert, il est plus exact de le qualifier de "journaliste *******" qui monte régulièrement en première ligne pour dénoncer sans mesure la dangerosité des arbres (notamment ceux tombés aux Prébendes) et justifier leurs abattages. C'est aussi probablement lui, par son poste de responsable du pôle agglo, qui impose des ******* (notamment pour la destruction du mail du Sanitas) pour cacher les mauvais coups de la municipalité (d'ailleurs il est significatif que la NR n'ait pas parlé de ces abattages de l'hôpital avant qu'ils ne soient effectués). Cette attitude ******* à la politique anti-environnementale de la mairie va plus loin et on peut aller jusqu'à le qualifier de "******* du maire" Jean Germain, celui qui ******* ses mauvais coups (notamment pour son emploi quasi-fictif), ******* son opposition (compte-rendus très orientés de conseil municipal...), lui passe la ******* (avec quelques égratignures pour que ce ne soit pas trop voyant), etc.
    Par ailleurs, l'Aquavit a publié un communiqué dénonçant ces "abattages abusifs".


    A propos de Christophe Gendry, "journaliste" à la NR

    P.-S. du 9 mars 2013 : Le service juridique de la NR me fait savoir que dans mon post-scriptum précédent "les termes employés dans ce papier sont diffamants et injurieux" et il me demande de retirer "ce commentaire litigieux". Il est vrai que j'ai employé quelques termes caricaturaux, correspondant à mon exaspération de voir Christophe Gendry récidiver dans la justification de massacre inutile d'arbres en notre ville. Je remplace donc les termes pouvant être incriminés par des *******. Mais je ne retire pas le paragraphe, je suis libre de m'exprimer sur ce que j'estime être un manque d'éthique journalistique. Je pense que le lecteur comprendra le sens de mon propos et mon refus de le retirer complètement (et tant pis s'il y imagine des mots plus forts que les miens...).

    Je souligne qu'il m'est arrivé de demander à la NR un droit de réponse pour des propos tendancieux et que cela m'avait été refusé, comme cela a été refusé à d'autres personnes. D'ailleurs, je ne me souviens pas avoir vu un jour un "droit de réponse" dans ce journal. Ici, en première page de ce blog, il est indiqué qu'il est pratiqué (même si personne ne l'a encore demandé). Christophe Gendry lui-même peut donc s'exprimer ici pour essayer de montrer que mes constats ne sont pas bons. S'il estime que mes propos sont "litigieux", il a la possibilité de les corriger.

    J'ajoute que je trouve dommageable pour la NR que Christophe Gendry ait un poste important qui lui permet de donner un certain sens au journal sur la ville de Tours. Ce déséquilibre est toutefois en partie contrebalancé par le fait qu'il me semble être le seul journaliste à procéder ainsi de façon aussi répétée et par la prise en compte de courriers des lecteurs (notamment celui-ci du 6 mars sur les abattages de l'hôpital). Cela permet heureusement de différencier ce journal de Tours-Infos, le mensuel de propagande municipale.

    Je termine en montrant ce que la NR n'a pas montré à ses lecteurs, la dégradation de notre ville après les abattages de la mairie. Un exemple parmi beaucoup d'autres, ici le boulevard Tonnellé, très proche de l'hôpital. On se rend compte à quel point un arbre planté ne remplace pas un arbre abattu, à quel point les bienfaits apportés par les arbres surpassent leurs désagréments... (même si cet avis n'est pas partagé par tous...) Oui, parmi tous ces platanes, il y avait besoin d'en abattre quelques uns, devenus dangereux ou trop dommageables par leur racines. Mais ce n'était pas une raison pour tous les supprimer, avec le leurre de la replantation. Je rappelle qu'à cet endroit la ville avait permis la construction d'immeubles au ras des platanes, ce qui lui a permis ensuite d'arguer de la gène procurée par leur proximité... Et ce n'est pas la NR qui l'a signalé à ses lecteurs, il aurait fallu prendre un peu de recul...


    Le boulevard Tonnellé en 2007 et en 2012 (à gauche photo Google Street)


    Alain Beyrand
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