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    Une idée des géniaux décideurs Tourangeaux :
    Une guinguette sous l'autoroute A10 !
    Entre Tours et Saint Pierre des Corps

    On ne craint plus les inondations, la digue du canal peut être détruite



    Cette affichette exposée au stand et sur le site de l'AQUAVIT,
    lors des journées du bénévolat des 1 et 2 octobre 2016 en l'Hôtel de Ville de Tours, a fait jaser.
    Ce n'est effectivement pas partout que les décideurs ont une idée aussi brillante !
    Les touristes viendront de loin pour apprécier le spectacle.

    Sommaire
    1. Les voici, nos formidables décideurs
    2. Sous les louanges de la presse locale
    3. Une exposition qui fera date
    4. Un lieu de vie enchanteur
    5. Les cathédrales : des spectacles fabuleux !
    6. Des panneaux qui emportent l'adhésion
    7. Un précieux catalogue
    8. Les premières actions seront festives
    9. Pour que la ville soit plus facilement inondée
    10. Du retard à l'allumage ?
    11. Commencer par convaincre les esprits étriqués
      
    Evidemment cette page est rédigée sur un ton humoristique, sauf les encadrés de ce type. Mais si les commentaires peuvent être exagérés, toutes les illustrations et citations (en italique) sont, sauf contre-indication, extraites de l'exposition et du catalogue de Tour(s) Plus.

    Les guinguettes ont prospéré à l'air pur des cours d'eau, il apparaît maintenant que l'on veuille festoyer, discuter, danser dans les couloirs de pollution. C'est bien le sens du projet de Tour(s) Plus, même si le mot "guinguette" n'y est pas énoncé. Comment peut-on croire à une adhésion populaire ?

    1. Les voici, nos formidables décideurs

      Le 29 juin 2015, de gauche à droite, Frédéric Augis, maire de Joué lès Tours, Serge Babary, maire de Tours, Marie-France Beaufils, sénatrice-maire de Saint Pierre des Corps, l'oeil vif et l'esprit éclairé, choisissent le meilleur projet des 7 équipes sélectionnées. C'est désormais leur projet, celui qu'ils présentent fièrement fin septembre 2016 en une exposition dans les locaux de l'agglomération Tour(s) Plus. Quel fulgurance dans la vision d'avenir !

      Là, où le maire précédent, Jean Germain, voulait installer une déchèterie, là où se trouve actuellement un parking-relais que l'on croyait fort utile, voici qu'ils transcendent tous les errements passés.

      A ces trois têtes pensantes s'ajoutent deux autres décideurs locaux, Laurent Bresson, directeur de la DDT 37, zélé serviteur de l'Etat, lui aussi présent dans le jury, et le célèbre Philippe Briand, député-maire de Saint Cyr sur Loire, président de Tour(s) Plus et président de Citya Immobilier, qui a rédigé la préface du prestigieux catalogue de 40 pages de l'exposition, clamant par trois fois combien ce projet est innovant ! Ah oui, pour être nouveau, c'est nouveau !

    2. Sous les louanges de la presse locale

      "La Nouvelle République" (NR), le quotidien local, n'est jamais en reste quand il s'agit de tresser les lauriers de nos décideurs. Elle s'extasie du fait que ce ne serait pas un projet "pharaonique qui ne verrait jamais le jour", qu'il ne s'agirait pas de "phosphorer doctement" (serait-ce habituel ?) comme les précédents responsables et urbanistes l'auraient fait autour d'un "point zéro".

      Ah parlons-en du Point Zéro, qui fut considéré comme le nouveau nombril du monde, "le point de départ d'une spirale de réconciliation urbaine universelle". Son inauguration, sous la présence enchantée de Marie-France Beaufils, est décrite en cette
      page du site "La ville foraine". Avec une "balise de détresse" effectivement phosphorescente et, de façon prémonitoire, "jetée à l'eau" (les "diffusions apaisées de l'eau" voulues par l'Etat et les élus, voir plus loin) :


      (photos du site "La ville foraine")

      Non, non, là on est dans le sérieux, puisqu'il s'agit d'aménager "12 tapis". Voilà qui est terre-à-terre, tout simplement installer des "tapis", comment n'y a-t-on pas songé plus tôt ? Et quels "tapis", tenez-vous bien : des "espaces existants à dédier à des thématiques, comme le sport, le jardin, la promenade". Sous la rythmique incessante des poids-lourds, parfumée au dioxyde de carbone, dans une ambiance saturée de particules fines, quelle formidable idée de faire du sport, jardiner, se promener. Voilà qui va magnifier la vie des Tourangeaux ! Sûr que c'est autre chose qu'une déchèterie...

      Le passage de l'autoroute A10 est l'endroit endroit le plus pollué de l'agglomération, provoquant plus de 60 morts par an. Voir la page voisine Un couloir de pollution.

      Et notre prestigieux quotidien a trouvé la formule idoine pour caractériser ce super projet si peu pharaonique, docte et phosphorescent : "Des pistes réalistes".


      (cliquez sur l'image pour lire l'article en entier)

    3. Une exposition qui fera date


      Au premier plan la maquette, en arrière plan l'exposition et les panneaux.

      Ne manquez cette fabuleuse fenêtre ouverte sur l'avenir, l'exposition devrait durer plusieurs mois dans le hall d'entrée de la communauté d'agglomération Tour(s) Plus, au quartier des Deux Lions, 60 avenue Marcel Dassault, ouvert au public (aux heures de bureau).

      Le 27 septembre 2016, devant les locaux de Tour(s) Plus par une belle journée ensoleillée : trois vélos (dont le mien) perdus au milieu des véhicules à moteurs. Heureusement, à l'intérieur des locaux, on imagine un autre monde...

    4. Un lieu de vie enchanteur


      Des vélos partout (avec même l'indication, en rouge, d'une "maison du vélo"), des piétons détendus qui bavardent, un jeune qui s'éclate en skate, aucun engin à moteur en vue, qui donc n'adhèrerait pas à une vision si enchantée ? On imagine l'air pur et parfumé, les oiseaux qui chantent... Dans un tel cadre, le béton, si propre, devient amical.



      Les habitants des quartiers Velpeau et Beaujardin auront vraiment beaucoup de chance de bénéficier d'un cadre aussi merveilleux. Les enfants ne sont pas oubliés, loin de là, avec balançoires et autres jeux (ils respireront le bon air dès leur plus jeune âge).



    5. Les cathédrales : des spectacles fabuleux !



      Là, les mots me manquent pour exprimer mon enthousiasme. Imaginez que sous toutes les autoroutes urbaines à travers le monde on organise de tels spectacles ! Plus fort que "la fête de la musique" ! Et Tours aura été le précurseur !!

      Quelle bonne idée, en outre, de lancer des "cathédrales" lors de l'année Martinienne. Ne pourrait-on pas relier ces fêtes au pélerinage du Saint Homme ?

    6. Des panneaux qui emportent l'adhésion

      Passons aux panneaux de l'expo. Partout on sent le sérieux de l'opération. Qu'il est louable d'ainsi partager avec les habitants les inspirations et aspirations aussi éclairées d'étudiants surdoués, d'achitectes-urbanistes de renommée et - on ne le dira jamais assez - de géniaux décideurs. On comprend pourquoi, nous les citoyens ordinaires, nous sommes écartés de tels choix, nous ne savons pas transcender les temps présents. Eux si.

      Acceuillons donc avec gourmandise ces solutions d'avenir. C'est pour participer à cet effort que j'ai photographié chaque panneau (leur ordre n'est pas respecté). Certaines photos sont un peu floues,cela donnera davantage envie d'aller sur place. Voyez comme ça commence bien, avec les dessins des enfants de l'Ecole Raspail sur le premier panneau. Ils sont les premiers à s'enthousiasmer, cette spontanéité n'est-elle pas touchante ?

      Cliquez sur les vignettes pour les agrandir et mieux les apprécier.


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      Cette "invitation au voyage" d'un "projet lauréat" nous transporte en une émouvante immersion dans le futur. Combien les générations à venir nous serons reconnaissantes d'avoir enchanté ce lieu auparavant si injustement déprécié !

      Il existe un autre panneau, dont voici deux photos partielles 1 et 2. Il est en partie repris en page 28 du catalogue, présenté ci-après. On y lit qu'il s'agit de "faire de la question du risque d'inondation un acte culturel". La destruction de la digue a pour enjeu de "ménager sa mémoire", sachant que c'est de "la déconstruction et non la démolition".

    7. Un précieux catalogue



      Une telle exposition fera date et il est heureux qu'elle soit accompagnée d'un beau catalogue de 40 pages, financé, comme l'expo et les études préalables, par Vinci Autoroutes (nos péages) et Tour(s) Plus (nos impôts). On ne peut guère dépenser notre argent à meilleur escient.

      Ce livret, gratuit pour les visiteurs, n'est pas complètement en double emploi avec l'exposition. Voici quelques uns des propos relevés :
      • Cette démarche s'inscrivant dans un esprit de "petites interventions pour des effets majeurs". (page 11)
      • Malgré l'effet de surprise de la découverte du site (qualifié de "beauté terrifiante du XXème siècle"), les équipes ont su réagir aux contraintes multiples et proposer des solutions à la fois stratégiques et réalisables par étapes successives. (page 13)
      • Instaurer une ligne de transport en commun sur l'A10 ("shuttle"). (page 21)
      • Mettre en place en sens unique l'avenue G. Pompidou afin d'élargir au maximum les espaces pour les piétons et les cyclistes. y intégrer une bande de stationnement le long de l'avenue. (page 21)
      • Dés lors, l'infrastructure, considérée comme un monument, n'est plus vécue comme une nuisance ou un obstacle dans la paysage urbain. Elle devient une oeuvre monumentale, capable d'incarner l'identité du territoire. (page 22)
      • Le "jardin du canal" aura une vocation plus récréative, alors que les terrasses de la digue" seront aménagées principalement pour se poser, se reposer, se rencontrer... (page 31)
      • Le jury a salué l'intelligence, la finesse et la modularité des interventions proposées. (page 32)


      L'avenue Pompidou sera semi-piétionne. Qu'il sera agréable d'y déambuler...

    8. Les premières actions seront festives

      C'est écrit en page 28 du catalogues, "il est proposé de rendre festives les premières actions". Les voici.




      Le "processus participatif festif indiqué ci-dessus est très judicieux : il aidera les habitants à oublier que détruire la digue du Canal ("ouvrir un passage clair sur le site") accroîtra sensiblement le risque de voir leurs maisons inondées. "Participatif", "festif", "clair" : les mauvais esprits ne pourront pas se faire entendre. Qui voudrait vraiment refuser "l'amorce d'un nouveau cycle de vie" afin de "réinvestir les lieux pour mettre en oeuvre un projet de dimension métropolitaine" ?

    9. Pour que la ville soit plus facilement inondée

      Page 29 du catalogue, on lit : "Enlever la levée du canal, dont la fonction de protection n'est plus avérée, ce qui permettra de libérer du foncier afin d'améliorer les liens de part et d'autre de l'autoroute". Et page 36 : "Cette percée de la levée fait suite aux études menées par les services de l'Etat sur la prise en compte du risque inondation dans le val de Tours. Les conclusions montrent qu'il est nécessaire de créer des ouvertures dans la levée afin d'échapper à l'aléa de rupture de l'ouvrage en cas de crues de la Loire ou du Cher"

      Effectivement, un "Atelier National Territoires en mutation exposés aux risques", composé d'urbanistes, a décidé de son propre chef, sans la moindre assise scientifique (notamment l'Etude de Dangers 2013 dont il a détourné les conclusions) que la digue du Canal, en bordure Est de l'autoroute, sur la commune de Tours, est "inutile et dangereuse". Peu importe que ce soit faux, c'est devenu une priorité des aménageurs. Pour eux cet ouvrage est un obstacle à leurs projets. Il a pourtant fait ses preuves en stoppant l'inondation de 1866 et en 2012 il était encore considéré en bon état et élément essentiel de la protection du val de Tours.

      Un projet, tel que celui ici présenté (il y en a d'autres, comme une sortie d'autoroute, des remblais à construire sur Saint Pierre des Corps...), apparaît de façon déconnectée du risque d'inondation, avec des éléments de langage et un baratin avant-gardiste pour embobiner en premier lieu les élus et médias, en second lieu la population. Derrière, l'espoir de gros profits (BTP, Vinci...) apporte une force d'adhésion visiblement très convaincante. Elle est même implacable puisqu'un élément clé du processus, le déclassement de la digue du Canal, a été enclenché en janvier 2016 sans qu'un seul conseil municipal n'ait été consulté, encore moins la population. La prévention contre les inondations, si essentielle pour nos ancêtres, est donc reléguée au second rang (détails sur la page de l'Aquavit dédiée à la la digue du Canal). De La Ville aux Dames à la Riche, 130 000 personnes sont concernées.

      En conséquence, il est écrit qu'il sera bon de "percer la levée" (page 19), "démolir la levée à l'embouchure de la rue du Dr Zamenhof" (page 21). Telle est la volonté de l'Etat, actée par le Plan de Prévention des Risques d'Inondation (PPRI) de 2016 qui a décuplé le risque depuis 2001, avec ouverture de la Loire à La Ville aux Dames (création d'un déversoir à Conneuil) pour que les "diffusions apaisées de l'eau" (anciennement appelées "inondations") soient plus fréquentes et submergent tout le Val. Détruire la digue du Canal en festoyant sera un moment fort servant d'introduction aux futures catastrophes qui permettront de trouver "une dynamique de renouvellement" porteuse d'espoir. Chacun sera alors prêt à "accepter l'aléa" (cf. page Aquavit) et de nouveaux grands projets d'aménagement, peut-être aussi formidables que celui-ci, pourront voir le jour.

      Les consignes pour que le val de Tours soit plus facilement inondé sont donc suivies. Mais à moitié seulement, à peine même, car on est encore loin de respecter l'arrêté du 19 janvier 2016 qui veut la "mise en transparence" de la digue du Canal. On atteint seulement une solution "intermédiaire" comme l'indique le schéma ci-contre du site de l'Aquavit.

      "Avant" (encore maintenant), la hauteur de la digue atteint 53 m (au dessus du niveau de la mer), quand on met les batardeaux pour obstruer les percées, comme la rue Zamenhof. Avec ce projet "intermédiaire", on arriverait à la "hauteur hors batardeaux" (ou hauteur de la rue Zamenhof) de 50,50 m. Or la "mise en transparence" "Après" va bien au delà, elle signifie qu'il faut laisser l'eau se diffuser et creuser comme le montre un schéma de l'Atelier National jusqu'à 48 mètres !

      L'arrêté de déclassement n'est donc pas respecté, la digue du Canal fait encore barrage à l'écoulement des eaux, elle est encore une digue et devrait être à nouveau considérée comme telle. Il est très surprenant que M. Bresson, DDT 37, membre du jury, qui devrait être au faîte de l'information, ait validé cette acceptation d'un important remblai. Il n'a certes reçu "la feuille de route" que le 3 août 2015, un mois après avoir participé au jury, mais il était encore temps d'arrêter cet emballement. L'a-t-il seulement dit clairement aux autres décideurs ?

      Ecrêter l'eau à 50,50 m (50 cm plus bas que la crue de référence de 1856) comme le ferait un déversoir, c'est l'empêcher de se répandre de La Ville aux Dames à La Riche en cas de rupture de digue à l'amont ou inversement si rupture à l'aval, c'est complètement contraire aux consignes de l'Atelier National et cela remet en cause l'arrêté de déclassement de la digue du Canal et le PPRI 2016. Tant mieux pour les habitants du val, mais que l'on cesse ces incohérences (voir aussi les réactions des autorités lors des inondations de juin 2016, page Aquavit), que l'on cesse la dangereuse "expérimentation" en cours et que l'on revienne à la stratégie éprouvée de "l'approche défensive du risque d'inondation" !

      Toute cette opération ressemble à un leurre, une étape intermédiaire fictive pour introduire progressivement l'application voulue par l'Etat de la dangereuse "feuille de route". Plus qu'à la population, cette mascarade s'adresse aux egos des élus pour qu'ils acceptent ce que leurs habitants ne peuvent que refuser. Le cas le plus flagrant est celui de Mme Beaufils qui, ne comprenant pas que cette digue protège sa commune de St Pierre des Corps d'une inondation aval, veut depuis longtemps sa destruction. Elle en train de se faire berner en acceptant le futur déversoir de Conneuil qu'elle avait de tout temps énergiquement refusé.

    10. Du retard à l'allumage ?



      On se rend compte maintenant que l'on a voulu nous faire une grosse surprise. La Nouvelle République elle-même n'en parlait pas. Tout aurait dû être lancé depuis longtemps et même en bonne partie terminé ! Mais le calendrier ci-dessus (panneau 12) n'est pas respecté. le chantier devait commencer en janvier 2016. Nous avons manqué une superbe fête des cathédrales en juin 2016 et il n'y en aura pas non plus en décembre 2016, puisque le chantier n'a pas débuté. On ne sait même pas si les études qui devaient être déclenchées en juillet 2015 ont commencé. Ce n'est vraiment pas à la mesure d'un aussi formidable chantier et d'une si belle expo dans les locaux même de l'agglomération. Qu'ils doivent être déçus, les étudiants surdoués et les architectes renommés, car les décideurs, nonobstant leurs brillantes idées, sont à la traîne...

      Que se passe-t-il ? Certes, il y a une petite association rétive, l'Aquavit, qui a déposé un recours contre le déclassement de la digue du Canal, mais ce n'est pas suspensif et les juges administratifs n'ont pas l'habitude de s'opposer à d'aussi beaux projets, même quand les irrégularités sont importantes et nombreuses. Nul doute que nos avisés décideurs vont bientôt débloquer tout cela...

    11. Commencer par convaincre les esprits étriqués

      Le projet présenté est divisé en sous-projets, souvent indépendants. Tout n'est pas aussi mauvais que le coeur du sujet qui vient d'être analysé. S'il m'est difficile d'évaluer certaines de ces "interventions" et si je ne veux pas entrer dans leur détail, il en est une qui est particulièrement intéressante (même si elle est traitée de façon assez irréaliste) car elle correspond à un souhait légitime des habitants, tant les lieux ont été mal conçus (la première responsable en est Mme Beaufils). La voici.

      J'ai interrogé une habitante du quartier Velpeau qui connaît bien les lieux. Nous sommes certes très loin de la hauteur de vue des promoteurs du projet. mais nous allons voir que sa préoccupation, aussi basique soit-elle, se trouvera résolue. Elle reste sur la posture dépassée de considérer comme très désagréable les abords d'une autoroute. Comme si ça ne pouvait être qu'un lieu de passage que l'on cherche à quitter le plus rapidement possible. Progressivement, elle évoluera, il faut savoir trouver sa confiance en commençant par un bout du projet qui la rassure et la convainque. Ensuite, elle viendra à se poser, se reposer, se rencontrer...


      (photo Google Street)

      Ce qui la gêne le plus, depuis la création de cet aménagement, c'est ce trottoir très étroit ci-dessus où, à l'emplacement des lampadaires, elle ne peut même pas passer avec son chariot. Et aussi les gros poids-lourds très larges et polluants qui la frolent. Les maires de l'époque (1992) l'avaient ainsi voulu, Marie-France Beaufils, déjà là, et Jean Royer (dans l'équipe duquel on trouvait Serge Babary) ne voulaient pas vraiment que les habitants des quartiers Beaujardin et Velpeau viennent à pied au nouveau centre commercial des Atlantes. N'est-il pas touchant que 23 ans plus tard, on veuille réparer ces erreurs ?



      Voyez sur la maquette comme c'est excellement pensé : ce parking à droite qui sert à l'hypermarché Carrefour et aux commerçants disparaît pour être remplacé par... des "jardins/potagers communautaires", les "jardins du Canal" ! Finies les mesquineries des mairies et commerçants de jadis, voilà qu'apparaissent une large voie piétonne et des jardins où il fera bon vivre. Et se rencontrer, et se poser. Ne sont-elles pas charmantes ces cabanes de jardin ?

      Selon les entraînants principes des "petites interventions pour des effets majeurs" et "des interventions mineures pour des transformations majeures", puisque la priorité est aux "solutions à la fois stratégiques et réalisables par phases successives", c'est par là qu'il faut commencer, bien sûr ! Allez Madame Beaufils, c'est sur votre commune, il n'y a pas de temps à perdre, il faut commencer à rattraper le retard dès maintenant. Et puis des jardins ouvriers à la mode contemporaine dans une municipalité communiste, quel symbole ! Et quelle solidarité avec les habitants des quartiers Velpeau et Beaujardin !

      Elargir ce trottoir étriqué est une évidence depuis sa création il y a 24 ans, il suffit simplement que la mairie de Saint Pierre des Corps le veuille et que Carrefour libère le terrain, ne serait-ce qu'un ou deux mètres de largeur supplémentaire.

      Cet exemple montre que, plutôt que de nous embarquer dans des histoires prestigieuses à dormir debout (guinguette...), plutôt que de mettre en danger nos maisons (déversoir de Conneuil, mise en transparence de la digue du Canal), plutôt que de gaspiller l'argent public dans de telles opérations d'aménageurs déconnectés des réalités, Mme Beaufils et les autres décideurs feraient mieux d'être à l'écoute des habitants pour améliorer au mieux leur qualité de vie en une suite de petites opérations bien ciblées.


      Liens complémentaires illustrant l'argent gaspillé par VINCI,l'agglomération de Tours & Cie au "Point Haut" de la pollution :
      • 6/11/2016, La Nouvelle République : Roméo et Juliette sous le béton armé
      • 8/12/2016, La Rotative : Financement des lieux culturels : quand VINCI s’invite au Point Haut
      • L'équipe d'aménageurs communiquants culturels Polau payé par nos impôts

    Alain Beyrand, le 5 octobre 2016
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